horus1
gaia

courriel :

courriel
Shamane

Souveraineté

J'ai de fougueux chevaux sur mes Himalayas
Cuivrés d'ambres manteaux, de sabots magentas
Ils sont suivis d'oiseaux plumés d'ailes fuchsia
Qui survolent ces troupeaux cavalant vers le bas

Ils galopent et dévalent des montagnes sacrées
En traçant sur le val des lignes endiablées
Et la terre rougie par le feu de leurs pieds
S'ennoblit d'une braise et se laisse tatouer

Je les entends de loin hennir et galoper
Ces croupes et ces crinières, ces courageux guerriers
Et la force qui jaillit de ces tarpans cambrés
Réveille d'un volcan le magma orangé

Depuis un brouillard bleu naissant de la fumée
Instillée par le feu de ces larves coulées
J'aperçois une reine apparaître d'emblée
Et imposer son règne sur la puissante armée

Et les métaux liquides par le volcan crachés
Se cristallisent au sol en créant un sentier
Que les fiers chevaux devenus timoniers
Ouvrent à la reine nouvellement couronnée

Tissé de mille faisceaux d'une lumière dorée
Auxquels des joyaux sont finement brodés
Son manteau appartient aux somptueuses lignées
Des mages musiciens longtemps ensorcelés

Et j'entends des crapauds, de la reine les alliés
Entonner l'adagio d'une musique ailée
Et des cuivres résonner en verticalité
Rappelant les dragons et leurs nombreux archers

Puis je vois d'immenses portes de bronze coulées
S'ouvrir dans le ciel et les laisser passer
Et mille étincelles de couleur pourprée
Entourer leurs grandes ailes et leur peau écaillée

Ils voyagent sur des fils qui dansent et tournoient
Et descendent jusqu'à celle qui accepte et reçoit
Le pouvoir virtuel et l'imposante loi
De l'être créateur qui se sait sept fois

Les chevaux, les crapauds, les oiseaux, les archers
Et les dragons aux pieds de la reine dressée
S'illuminent soudainement du baiser déposé
Par le souffle puissant de la Liberté

Souffle créateur qui vente sans frontières
Sur des myriades de mondes, de temples et de rivières
Et qui rend à l'humain sa vouge batelière
Et son pouvoir démiurge, rouge et visionnaire

Sont venues alors les fées de la musique
Danser avec ce vent sur une lyre magique
En peignant gracieusement de leurs corps euphoriques
Sur les cordes, les fresques de mondes oniriques
 
Subtilement,  Dame-Conscience s'est insinuée
En se laissant glisser comme une pluie pailletée
D'or, de violet, de verts soleil d'été
Et d'une huile sacrée a oint la majesté

Et ce cortège noble lentement a dévalé
Ces hautes montagnes transformées en vallées
Et j'ai vu des chutes d'eau apaiser aux rochers
D'immenses troupeaux d'antilopes assoiffées

Et se joindre à la marche l'éléphant porteur d'âge
Et d'une lourde mémoire comme un livre d'adages
Il était monté par un sphinx nécrophage
Savant chorégraphe de l'alchimie des mages

Au bas de la vallée coulait un large fleuve
Que surplombait les murs d'une cité neuve
Elle semblait une émeraude aux reflets citrins
Dont la brillance fauve éclatait des jardins

Que des milliers de fleurs tapissaient de couleurs
De parfums et d'odeurs, de plaisirs certains
On pouvait distinguer même du lointain
Leurs essences mixées à la terre en sueur

Et j'ai vu d'Arabie se mouvoir des danseuses
Sur ces vastes tapis, elles bougeaient vaporeuses
Et leur nombril nu, leurs poitrines plantureuses
Exultaient la lie de leurs âmes jouisseuses

Et languissaient d'envie des mâles aventureux
Qui se tenaient dressés, envoûtés, valeureux
Par la grâce de leur jeu et le jet de leurs yeux
Et le mouvement précieux de leur corps radieux

Et la cadence rythmée de petits tambourins
Ajoutée à ces cloches qu'elles tenaient à la main
Préparaient l'admirable passage souverain
Qu'on apercevait venir du lointain

La reine et ses arrois se tenaient déjà
Au milieu d'un  pont large et tout fait de bois
Qui unissait les rivages par une unique voie
Empruntée par les âges qu'une seule fois

Aux portes de la cité que gardaient deux cerbères
On  ne laissait rentrer que des âmes fières
Des artistes troubadours aux allures altières
Des peintres, des danseurs et des mousquetaires

Ainsi,  on acclamait la venue de la reine
Et celle qu'on attendait s'imposait sans peine
Digne souveraine créatrice qu'elle était
Alchimique détentrice de l'arcane secret

D'une coupe d'archal qu'elle tenait à la main
Dans lequel reflétait un liquide cristallin
Elle fit jaillir d'un geste prompt et soudain
De vaporeuses sylphides et un grossier lutin

Et ces fées des nuages déployèrent de grands voiles
Qui dansaient dans le ciel en aurore boréales
En dessous desquels dormait une vestale
Que le lutin fidèle viellait comme un vassal

Dans un lit de muguet depuis peu s'éveillait
Cette nymphe de l'oracle dont on prétendait
Que le précieux pentacle que son sexe nichait
Était source de miracles et fabuleux excès

La reine et ses sujets furent ensuite conviés
A se joindre au banquet qu'on leur avait dressé
Sur le vaste parquet où se trouvait d'emblée
Licornes et farfadets en valets de corvée

"Que le vin de Bacchus coule abondamment!
Et le lait de Vénus ruisselle puissamment!
Que ce qui est vétuste, triste et ennuyant
Soit à jamais banni de nos mondes flamboyants!

Plus aucune victime de l'ennui en bastion
Plus de manque d'estime, de fatale aversion
Simplement le sublime et l'imagination
A la porte des cimes et des hautes visions!

Le retour d'Avalon, le navire de Jason
Les fiers Argonautes et la riche Toison
La beauté d'Apollon, les affres de Pluton
Tous les mythes rassemblés au septentrion

Près d'un arbre gigantesque, ils danseront
Et créeront des fresques et des constellations
De folles arabesques, des soleils, des passions
Et sur des airs mauresques, un millier de chansons"

C'est sur ce discours que la reine a ouvert
Les soupapes et les valves de tout  un  univers
Où se mirent à vibrer en de multiples sphères
Les fables et les nations, libres et sans frontières

Et aux pieds de la reine, l'immense voie lactée
S'ouvrit devant elle comme un passage doré
Où des nuées de jazz puissamment orchestrées
Lui offrirent un à un tous les talents d'Orphée

Ainsi devant moi s'étalait ce tableau
Comme première esquisse et pâle introduction
À une incommensurable et vaste production
Sur laquelle plus jamais ne tomberait un rideau

Et j'ai su que le temps avait basculé
Et que giclait en moi l'ampleur des vérités
Que ce qui m'était aujourd'hui  révélé
Dessinait le passage à ma souveraineté

 

eXTReMe Tracker  

© Copyrights : M. J. C. Le roux  Tous droits réservés.          mise à jour : 4 juin 2010

[Shamane] [Qui est Marie] [Services] [Poésie] [Débâcle] [Choisir] [Le Prince] [Ashtak] [Plateaux] [La tour] [La nuit] [Des rois] [Qui a péché] [Fausses notes] [La Blessure] [Suicide?] [De fesses et de confort] [De bière et d'inconscience] [Afrique] [Me recevrez-vous?] [Là où tu te noies] [Le cheval] [Une quête] [Splendeurs] [Souveraineté] [Ces je t'aime] [Mystère] [Conquête] [Lilith] [Chansons] [Chroniques]