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Toi mon violoniste, ma fugue, mon Lucifer Tu es le diable même incarnant la lumière Et si tu m'ensorcelles de ton archet puissant Sur la musique belle qui jaillit de ton sang
C'est que des démons fous dansent joyeusement Comme mille feux follets sur un buisson ardent Ils naissent sous ta peau et font de toi un roi Dont les rouges oripeaux trahissent ton éclat
Que dansent de ton archet, cette magie, ce secret Ce savoir véhément qui s'impose puissamment Et soit le verbe fièvre qui ose et qui reprend Ce qui brûle de la grève et du feu des gitans
Tu es né, mon gitan, divin et bouleversant Tu es né, toi le grand, l'immense, le puissant Si plusieurs te jalousent, c'est que tu as saisi Cette loi qui épouse les effluves de la vie
Car on entendra jaillir de tes doigts longs Une fougue, une passion qui n'aura pas de nom Et les foules s'entasseront envoûtées par les sons Qui de ton violon follement émergeront
Moi je plongerai comme fée aux enfers Et j'affronterai tes fables, tes univers Qu'ils soient de feux, de flammes, de fougue ou de prières Qu'ils soient de hautes montagnes, de vallons, de rivières
Je les cavalerai tous et je me tiendrai fière Car je serai ta reine, ta puissante cavalière Je regarderai l'ombre qui vit dans ta lumière Et depuis sa pénombre comme un livre ouvert
Je verrai nos deux sangs se mêler d'or poussières Et des fils d'argent vibrer sur nos lumières Afin que dans longtemps on aura dit d'un temps Qu'ils étaient des gitans et devinrent des amants
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