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Lilith
Fille dragonne, tu jaillis rouge et fière Gardienne du trône, tu danses sur ma rizière Tu surplombes l'océan de mes subtiles frontières Et m’exiges que je sois encore plus vraie qu’hier
Je t’ai apparaître au bout d’un long voyage Aux confins des ténèbres et ses noirs rivages Alors que je croyais qu'il était peut-être sage De mourir à jamais plutôt qu'être un mirage
Je te vois exploser de mon ventre, rebelle Et tu m’offres les outils des précieux rituels Marquant sur mon nombril un cercle que tu constelles Par savante magie, d'étoiles et d'étincelles
Tu encercles ainsi mon vaste territoire Car n'est digne de toi que celui qui ose croire Que nous sommes les rois de notre propre histoire Et plus jamais les proies d'une vide mémoire
Et tu traces sur mon flanc une étoile dorée Tu allumes à ses pointes cinq flambeaux colorés Et tu appelles l'ombre qui m'a défiée Pour que son regard sombre je puisses confronter
Qu’avec lucidité, je puisse enfin cerner Quelle est ma résistance à la liberté Et quelles sont les croyances qui m’ont empêché D’assumer ce que je suis et de le respirer
De cette dualité, je renaîtrai nouvelle Et jailliront l'ardeur, les effluves, les appels Et la fièvre, la ferveur, le feu et le miel D'un pouvoir créateur qui ose et qui révèle
Des pléiades enivrantes, pluies d'étoiles et de joie Amours dilettantes, explosion de mille voix C'est aux myriades du monde que puissamment je vois S'épandre toutes les ondes d'une verticale voie
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