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Victor Hugo, très célèbre auteur des “Misérables”, a écrit une oeuvre peu connue. Il l’a écrite a la fin de sa vie et elle fait suite à son ouvrage intitulé “La légende des siècles”. On l’a retrouvée dans un de ses tiroirs après son décès. Cette oeuvre poétique, intitulée “La Fin de Satan” raconte l’histoire de la chute de Lucifer.
Lucifer était un archange rayonnant, lumineux, extraordinaire, si parfait et si beau, qu’il s’est cru un jour l’égal de Dieu. Pour sa faute, il fut banni et jeté dans les profondeurs de l’abîme d’où il rugit depuis sous le nom de Satan. Mais au moment de sa chute, une plume se détacha de ses merveilleuses ailes. Cette plume se transforma en ange, l’ange-liberté, sa fille, qui, bien que née de Lucifer, regagna sa place auprès de Dieu.
Satan dans son enfer se morfond depuis des siècles et ses clameurs sont autant de calamités qui blessent les hommes et l’abîment davantage. Il tentera en vain de se venger de Dieu en déployant ses horreurs mais un jour, au comble de ses épuisements et ses souffrances, il priera Dieu de l’entendre. Celui-ci restera silencieux et Satan soupirera en concluant ceci : “l’amour me hait”.
L’ange-liberté aura pitié de Satan et surtout des hommes, ces créatures de Dieu, sur lesquels Satan s’acharne sans merci. L’ange-liberté demandera à Dieu la permission d’aller retrouver Satan dans son abîme afin de lui demander de libérer les hommes du terrible joug qu’il leur fait subir. Dieu cédera à sa demande. Elle se rendra aux portes des enfers qui se trouvent à un pôle de la terre, là où l’hiver est si glacial qu’il est mortel.
En pénétrant les abîmes, l’ange-liberté tentera de consoler et de convaincre Satan de la laisser faire son oeuvre, soit de libérer les hommes de l’effroi et l’horreur dans lesquels la haine de Satan les a plongés. Elle lui expliquera comment ce mal la tourmente. Elle lui dira : “Le mal qu’on fait souffrir s’ajoute au mal qu’on souffre” et “Je viens avec des pleurs te laver. J’agenouille la lumière devant ton horreur”.
Puis l’ange-liberté demandera à Satan ceci :
“Consens! Oh! Moi qui viens de toi, permets que j’aille Chez ces vivants, afin d’achever la bataille Entre leur ignorance, hélas, et leur raison, Pour mettre une rougeur sacrée à l’horizon Pour que l’affreux passé dans les ténèbres roule, Pour que la terre tremble et que la prison croule Pour que l’éruption se fasse, et pour qu’enfin L’homme voie, au-dessus des douleurs, de la faim, De la guerre, des rois, des dieux, de la démence Le volcan de la joie enfler sa lave immense!
Et Satan de souffrir péniblement devant sa requête :
“ Sa face était comme le champ d’un combat ténébreux Le bien, le mal luttaient sur son visage entr’eux”
Puis de céder : “Plus difficilement que deux rochers, ses lèvres S’écartèrent, un souffle orageux souleva Son flanc terrible, et l’ange entendit ce mot : Va!”
La symbolique de cette histoire est puissante. La verve de Victor Hugo en augmente la résonnance. Elle s’adresse à l’inconscient et met en scène l’archétype de la liberté qui dominera l’Ère du Verseau.
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