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Si tu plonges en moi, as-tu peur de la brume Si tu secoues mes parois, verras-tu les écumes Jaillir de nos ébats et frémir sur l’enclume Une épée dont mille fois l’étincelle s’allume
Si t’assumes mon tranchant et son verbe en lumière Il te faudra bien avant déchirer ses frontières Et traverser le néant qui bave de ses prières De libérer Satan de son havre de pierre
Si tu glisses tes doigts sur les cordes de ma lyre Sois sur, avise-toi d’être prêt au délire Aux cris et aux émois, aux insidieux soupirs De ce terrible effroi que peut-être le désir
Sors de ton carquois la flèche intrépide Affronte comme il se doit l’immensité du vide Et même si tu crois qu’il s’agit d’un suicide Au-delà tu verras, l’eau est pure et limpide
Elle nourrit des cristaux qui tournent et s’amalgament Sur de vastes cerceaux émettant de la gamme Les sons archétypaux de la première flamme De ces pays d’en haut, là ou chante mon âme
Accepte l’irrecevable de l’enfer malsain Même inconcevable, il te mène au divin Et du vide interminable, tu verras le matin Poindre sur la table un audacieux festin
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