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Réveillons-nous, ma foi, des affreux sortilèges Dont nous sommes les proies. Voyons tout ce manège Qui soutire nos droits et étale ses pièges En nous laissant pantois, cloués sur nos sièges
Que sommes-nous, dites-moi, que de faibles légionnaires Soumis au grand aloi, la devise boursière Qui nous dicte à la fois, tous de même manière A penser à l'étroit et surtout à nous taire
Quelle est donc cette science avidement cavalière Qui se nomme hautement en prenant des airs? Elle envahit les ondes et s'offre des permissions Qu'on jugerait immondes en d'autres saisons
Haute Économie, dont la gestion subtile Et la fine stratégie nous rend tous si dociles Et nous emprisonne dans le vilain carcan De ce qui est petit, vil et commerçant
Adieux aux poètes, peintres et paroliers! Bienvenus aux athlètes de la rentabilité Et tous ceux qui pètent toutes les denrées D'une culture piètre et bien mal cuisinée
Et si je me rebelle encore de quoi j'ai l'air! Vous serez les premiers à me faire la guerre Comment déranger ce petit univers Dans lequel vos fessiers semblent tant se plaire?
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