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Petit goulot de bière, tes promesses, l'enfer, Contrôlent la volonté de nos jeunes assoiffés Qui n'ont de crainte à tendre leur gosier Et se laisser piéger par ton fiel de vestiaire
Comment peuvent-ils eux-mêmes être fiers De s'offrir corps et âmes à ta lie amère? Que peuvent-ils gagner à voir leur ventre gonfler Des odeurs populaires de tes gaz éventés?
Ne s'éveilleront-ils pas au bout de la trentaine Avec une pierre au foie et de la bedaine? N'auras-tu pas happé, en vilaine sorcière Un tas de condamnés dans ta souricière?
Et n'ont-ils pas appris, ces jeunes d'aujourd'hui À avoir plus d'esprit que ceux qui les précèdent? Pourquoi dormir au lit de la vie qui s'ennuie Au point où l'eau-de-vie la rendra un peu tiède?
Ils auraient des idées de révolution Qu'ils les noieraient toutes pour être de ta maison Et passer des soirées comme des paillassons A se déposséder pour cette faible boisson
Vous me direz que je leur fais la leçon Mais n'y a-t-il pas mille autres façons D'extérioriser enfin toutes ses inhibitions Sans pour autant devenir des adeptes du biberon?
Et d'autres plaisirs que celui du houblon? Je les vois paresser sur sa morne toison Traîner, dépareillés, dans la triste inaction Pendant que c'est d'un peuple dont il est question
Et s'ils buvaient au moins avec modération S'ils se gavaient peut-être de plus de réflexions S'ils osaient s'affirmer en nouvelles légions Plutôt que décimer leurs forces et leurs actions De la publicité, sont-ils les victimes? Aura-t-on réussi à voler toute l’estime De leurs coeurs noircis? Et la brume qu'elle anime Les aura pervertis de sa joueuse frime
Éteignez les lumières de leurs âmes fières! Faites-en des faiblards! Noyez-les dans la bière! Ils seront les soûlards qui portent l'étendard D'une génération qui se meure de cafard
Et à qui ça profite? Soyez un peu vite Comprenez le jeu et sa petite suite A qui paye la victime qui ne se rebelle pas Sinon au croque-mort qui en fait son repas?
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