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Conquête
De toutes mes conquêtes, il y en a une seule qui vaille Celle d’actualiser tous mes potentiels Et si de ma vie c’est l’unique bataille C’est que je porte l’abîme comme je porte le ciel
C’est que j’entends des dieux qui tanguent vers la terre Pleurer des océans d’être éloignée d’elle Et leurs voix, leurs prières depuis leur univers Quémandent à l’humain de servir de passerelle
“Vous êtes tous des ponts entre nos différences Autant fils de nous que vous êtes filles d’elle Et si vous êtes capables d’unir nos régions Et tisser les espaces entre nos dimensions
Alors vous recevrez de savoir qui vous êtes Des plus nobles créations, les audacieux poètes”
Comme la semence porte tout l’arbre incarné Et qu’elle doit germer dans la noire terre mouillée S’enraciner au sol et le percer d’emblée Pour toucher les étoiles continuer de pousser
Et s’ennoblir des fleurs puis en faire des fruits Sans même s’inquiéter si on a aura joui
Ainsi va de l’humain consciemment incarné Qui a saisi l’ampleur de sa verticalité Sa sève atteint d’ardeur tout l’éther des cimes Et revient se lover au fin fond de l’abîme
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