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Pour tous ces je t'aime doux que le vent caresse Qui, subtils et rieurs, se glissent dans nos songes Pour ces je t'aime fougueux ou en détresse Et ces je t'aime faux qui cachent des mensonges
Pour ces je t'aime lourds que les années enlisent Et ces je t'aime habitués comme on boit un café Pour ces je t'aime du printemps qui nous font la bise Et ces je t'aime dans les coins, pressés de se cacher
Pour tous ces je t'aime perçants comme des poignards Et ces je t'aime cruels qui s'enfoncent comme un dard Pour ces je t'aime perdus qui errent sur le trottoir Et ces je t'aime ravagés qui ont perdu l'espoir
Pour ces je t'aime déchirés qui pleurent des années Et ces je t’aime à jamais qui meurent le jour venu Pour ces je t'aime en souliers et en petite tenue Et ces autres à la lune devant l'éternité
Pour ces je t'aime arrosés d'une folle luxure Et ceux transportés jusque dans les planètes Pour ces je t'aime d'automne sous les couvertures Et ceux du téléphone que la distance inquiète
Pour ces je t'aime en Mercedes, quêtant le grand confort Et ces autres du plus faible, malhabiles et timides Pour ces je t'aime en cavale le temps d'un réconfort Et ceux qui, gratuits, partent les mains vides
Et pour tous mes je t'aime qui portent toutes ces couleurs De la nuit au midi, ils me bercent le coeur Parfois faits de tourment, parfois pleins de tendresse Parfois très insouciants et parfois en détresse
Ces je t'aime soumis, ces je t'aime en instance Ces je t'aime devant la mort ou la naissance Ces je t'aime murmurés que j'ose à peine dire Et ceux endimanchés qui te font surtout rire
Ces je t'aime à l'envers qui ont pris les armes Ces je t'aime de désirs qui dansent dans nos corps Ces je t'aime incertains et parfois en vacarme Ces je t'aime vérité, ces je t'aime qui ont tort
Pour tous ces je t'aime que je porte en mon être Comme des milliers d'étoiles qui ne cessent de naître Ces je t'aime, c'est moi, rien de plus, rien de moins Ces je t'aime c'est toi, les enfants, le voisin
Ces je t'aime, c'est nous tous qui tentons de survivre
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