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Comme il fait froid sur la terre de l’homme Qui donc le rassasie d’un singulier opium Pour qu’il soit la brebis telle une bête de somme? Oui, on le maudit, il a mangé la pomme
Ashtak
La neige est plus noire que la nuit sans étoiles Et les dieux en exil sont cachés sous des voiles L’être l’humain amputé ignore que son sort On se l’est réservé, on convoite sa mort
Les plaines s’étendent de ma vie à ta mer Et j’entends l’engoulevent gémir, la misère Il fait froid dans mon nord, je n’ai plus de repère Que mon feu qui éclaire un tarot visionnaire
Ashtak
Toi l’ homme de plume, l’aigle, le sorcier Je sais que tu es près de l’arbre, agenouillé Et je vois tes grands bras élever une épée Pour renaître une fois, dans la pleine liberté
Toi tu sais que les dieux nous réclament à la porte Toi tu les sais nombreux, les entends qui exhortent D’être valeureux pour autant qu’il importe De vaincre l’insidieux esclavage des cohortes
Ashtak
Je vois tes deux yeux, toi chaman, toi guerrier Dans les lames de mon jeu, ils deviennent brasier Ils brandissent des flèches, des tisons allumés Gare à ceux qui te blessent, ils seront incendiés
Je te sais si puissant qu’on osera te combattre Libre et menaçant, on voudra bien t’abattre Mais l’aurore est à toi, et le jour qui s’écarte Laissera couler l’or, un dragon dans mes cartes Car ton verbe se dresse sur une seule volonté Et soupèse ton geste d’une divine portée Libre es-tu Ashtak, de nous tous le premier A franchir de ton arc, l’impossible clarté
Toi tu portes le flambeau de nos voeux émaciés Porte-le jusqu’au nord pour que naisse l’été Redresse les flancs du fort pour que l’homme blessé Trouve enfin réconfort et de quoi se soigner
Et tu fends de tes muscles les étoiles brisées Quand tes pieds prennent racine sur le sol calciné Libre es-tu Ashtak, puissant vent des marées Toi tu sais que la terre osera basculer
Brandis tes armées et déchire le ciel Qu’on entende résonner le clairon des pucelles Que l’on tende sur des pieux tes nuées d’étincelles La fontaine est en feu et la terre nouvelle
Ashtak
Le fou n’a plus de queue, oh! ma carte est sans nombre Tu me fais des aveux mais la nuit est trop sombre Et ils sont bien trop peu ceux qui savent et saisissent Dans l’essence de mon jeu, les subtils indices
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