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J'entends ton nord qui brandit la vengeance Noire est son or et maudite la sentence Parce qu'elle nourrit la mort à outrecuidance Et qu'elle vagit au port de son omnipotence
J'entends ton sud qui pleure et qui hausse Au-delà de l'absurde leurre de l'osmose L'état d'incertitude puisque toujours s'impose A la négritude, un immense blockhaus
J'entends ton est comme navire sur lest Quêter les restes qu'il cache sous sa veste Bien que sans conteste, ils soient indigestes Depuis que la sécheresse s'abat en mal funeste
J'entends ton ouest, qui sous les cumulus Exhibe sans cesse les mauvais rictus Et tout le zeste de quelques négus Dont l'âme immodeste s'inspire de Crésus
Et j'entends de ton coeur, les pulsations lasses De tes fleuves, la rumeur d'une profonde angoisse Et de tes peuples qui se meurent, le mal si vorace Qu'il harasse de douleur les âmes de toute une race
Dans la cruelle conjoncture de tout un continent Où une kyrielle d'injures propage un mal dément Devant toutes ces bavures, ces blessures du sang Qui propagera des cultures, les sagesses d'antan?
Afrique
Que soient chantés tes rythmes et ta musique Que soient contées tes légendes oniriques Que soit célébré ce que tu as d'unique Qu'on entende résonner tes vibrantes harmoniques
Parce que l'histoire est toujours subjective Et les hommes du pouvoir sournoisement l'adjectivent D'une diffamatoire et menteuse perspective Comme le fier étendard de leurs prérogatives
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